Crise d’angoisse : que faire quand elle survient
Quand une crise d’angoisse arrive, tout se resserre.
Le corps s’emballe.
La respiration se dérègle.
Les pensées s’affolent.
Et malgré tout ce que vous savez, malgré les lectures, malgré l’expérience parfois, la crise impose sa loi.
Dans ces moments-là, l’objectif n’est pas de “bien faire”, ni de faire disparaître la crise à tout prix.
Il est surtout de traverser, avec le plus de sécurité possible, ce qui est déjà en train de se produire.
Voici plusieurs pistes concrètes pour vous accompagner lorsque la crise survient.
Prenez ce qui vous parle.
Laissez le reste.
Ajustez.
Vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce qui vous aide réellement.
Avant toute chose : faites-vous confiance
Il n’existe pas de méthode universelle.
Ce qui apaise l’un peut majorer l’inconfort de l’autre.
Ce qui fonctionne un jour peut être moins efficace un autre jour.
Les crises d’angoisse viennent de l’intérieur.
Il est donc essentiel de vous autoriser à tester, observer, puis ajuster.
Si quelque chose vous soulage, même brièvement, c’est déjà juste.
- Changer d’environnement, même légèrement
Si cela est possible, éloignez-vous de l’endroit où vous vous trouvez.
Il ne s’agit pas nécessairement de fuir loin.
Parfois, faire quelques pas suffit.
Changer de pièce.
Sortir prendre l’air.
Se déplacer de quelques mètres.
Ce déplacement envoie un message simple à votre système nerveux :
quelque chose change.
Et parfois, ce petit changement ouvre déjà un peu d’espace.
- Contacter une personne de confiance
Lorsque la crise est là, le mental perd souvent sa capacité à rationaliser.
Une voix extérieure peut alors devenir un point d’ancrage précieux.
Si vous le pouvez :
◉ appelez une personne de confiance
◉ ou rejoignez quelqu’un sur place
Cette présence aide à :
◉ rassurer
◉ remettre du réel
◉ traverser le pic de la crise
Il ne s’agit pas d’expliquer longuement, ni de se justifier.
Simplement ne pas être seul(e) pendant la bourrasque.
- Observer plutôt que lutter
L’un des réflexes les plus coûteux pendant une crise d’angoisse est la lutte.
Lutter contre les sensations.
Lutter contre les pensées.
Lutter contre la peur.
Or, plus vous luttez, plus vous amplifiez le message de danger.
Une autre voie consiste à observer.
Observer en alternance :
◉ ce qui se passe dans votre corps
◉ ce qui traverse votre esprit
Sans chercher à faire disparaître.
Sans commenter.
Puis, doucement, modifier consciemment le discours intérieur.
Non pour vous convaincre que tout va bien, mais pour cesser d’alimenter la panique.
Souvent, lorsque le discours mental s’apaise, le ressenti corporel suit.
- Respirer dans ses mains pour réguler le corps
Lors d’une crise d’angoisse, la respiration devient souvent rapide et superficielle.
Cette hyperventilation provoque une perte trop rapide de CO₂, responsable de nombreux symptômes :
◉ palpitations
◉ vertiges
◉ sensations de malaise
◉ impression de tête qui tourne
Une technique simple peut aider :
◉ placez vos mains en forme de bol
◉ ou utilisez un petit sachet en papier
◉ respirez dedans pendant 1 à 2 minutes
Cela permet de rééquilibrer les échanges gazeux et de réduire l’intensité des symptômes physiques.
Ce geste est simple, discret, et peut être anticipé.
- Évacuer l’énergie accumulée
La crise d’angoisse génère un surplus d’énergie lié au stress.
Si la situation est sécurisée et que vous le pouvez :
◉ tapez des pieds
◉ sautez sur place
◉ moulinez l’air avec vos bras
◉ courez quelques instants
◉ criez
◉ chantez fort
L’idée est simple :
évacuer, plutôt que contenir.
Le corps a été préparé à l’action.
Lui offrir une sortie peut considérablement réduire la durée et l’intensité de la crise.
- Après la crise : changer le regard
Lorsque la crise touche à sa fin, un autre piège vous attend :
l’anticipation de la suivante.
À ce moment-là, faites autre chose.
Félicitez-vous.
Même si vous estimez avoir “mal géré”.
Même si ce n’était pas parfait.
Même si la crise vous a semblé interminable.
Rappelez-vous ceci :
◉ vous n’êtes pas votre souffrance
◉ elle n’est ni constante, ni immuable
◉ elle est passagère, même si elle revient
Ne vous identifiez pas à elle.
Elle ne vous définit pas.
Traverser n’est pas suffisant pour se libérer
Ces pistes permettent de naviguer la crise, de réduire l’intensité, de retrouver un minimum de stabilité.
Mais elles ne suffisent pas toujours à prévenir les crises sur le long terme.
Lorsque les crises d’angoisse s’installent, elles sont souvent le signe qu’un déséquilibre plus profond demande à être entendu.
Dans le prochain article, nous verrons comment prévenir les crises d’angoisse et s’en libérer durablement, en remontant à la source de ce que le corps et l’esprit tentent d’exprimer.
Si vous ressentez aujourd’hui le besoin d’un accompagnement pour comprendre et apaiser ce qui se joue pour vous, un travail personnalisé peut vous aider à retrouver progressivement de l’espace intérieur et de la sécurité.
Vous pouvez me contacter si vous souhaitez en parler.